Pays disposant des plus vastes réserves de pétrole au monde, le Venezuela traverse depuis des années une crise profonde, marquée par le chavisme, l’autoritarisme et une élection de Nicolás Maduro largement dénoncée comme truquée. Longtemps justifiée au nom de la lutte contre le narcotrafic, la pression des États-Unis a pris une nouvelle dimension avec l’intervention militaire récente et l’éviction de Maduro — sur fond d’enjeux énergétiques stratégiques.
🔎 Au cours de cette conférence , Marc De Velder proposera un décryptage clair de ces dynamiques : pétrole, crime organisé, rapports de force internationaux, et conséquences régionales.
La conférence sera suivie d’un cocktail pour les vœux du nouvel an .
Un repas au restaurant est prévu pour ceux qui le souhaitent. Afin de pouvoir avoir une jauge réaliste pour réserver, merci de nous indiquer par retour de mail si vous souhaitez y prendre part, et avec combien de personnes.
Depuis plus de sept décennies, l’Inde et le Pakistan entretiennent l’une des rivalités les plus intenses et les plus complexes du monde. Nées de la Partition de 1947, leurs relations sont marquées par trois guerres ouvertes, une confrontation permanente autour du Cachemire, une course aux armements – y compris nucléaires – et des tensions politiques et identitaires qui continuent de façonner l’Asie du Sud. Cette conférence proposée par Marc De Velder explorera les origines historiques du conflit, les facteurs géopolitiques qui l’alimentent encore aujourd’hui, ainsi que les conséquences régionales et mondiales de cette rivalité.
🧊 Samedi 15 novembre, le lycée a célébré la cérémonie républicaine de remise du baccalauréat. Cette édition 2025 restera un cru exceptionnel : 95,5 % de réussite, un taux supérieur à la moyenne nationale 👉 Moment fort de la matinée : la remise du prix Paul-Henri Cugnenc, décerné par l’Amicale des anciens élèves. Cette année, le jury a distingué deux bacheliers ayant obtenu une mention Très Bien avec félicitations du jury, tous deux engagés dans des études scientifiques et médicales. Ils ont chacun, de la part de Mme Cugnenc, reçu un chèque de 500 €. Dans son message, Mme Cugnenc a exprimé sa « fierté de remettre un prix d’excellence », soulignant que cette réussite repose sur « la capacité de travail, la qualité de l’enseignement reçu et l’aptitude des élèves à saisir leur chance ». Elle a également évoqué la mémoire de son époux, le professeur Paul-Henri Cugnenc – professeur de médecine à la Faculté Paris Descartes, chef du service de chirurgie de l’hopital Pompidou, député de Béziers, viticulteur – en rappelant une phrase qu’il aimait transmettre : « Ce n’est pas le destin qui parle de votre avenir, mais le travail qui permet de vivre ses rêves. » Mme Cugnenc a conclu en adressant aux lauréats un message chaleureux : « Vous êtes à l’aube de votre vie et de votre avenir : c’est une promesse. Je vous dis bravo et vous souhaite une belle vie à tous les deux. » 👏 Cette cérémonie, où se conjuguent réussite, mémoire et transmission, illustre une fois de plus la vitalité d’un lycée attaché à ses valeurs républicaines et à l’excellence pour tous.
L’Amicale a organisé le 14 juin la visite du château Laurens, à Agde. Cette demeure, construite par Emmanuel Laurens, riche héritier et rentier, a été construite dans les dernières années du XIX eme siècle,en 1898, au bord de l’Hérault. C’est un modèle d’art nouveau, allié à une inspiration orientalisante.
Emmanuel Laurens est ruiné suite à la crise de 1929 , vend la maison en viager en 1938. Il meurt en 1959 et la villa tombe à l’abandon.
Racheté par la commune d’Agde, elle est classée monument historique : restaurée, elle est ouverte à la visite depuis 2 ans.
Pour la 2 eme édition de la Dictée d’Henri IV, le texte proposé a été fabriqué avec IA pour aboutir à une dictée progressive , calibrée pour chacune des 4 catégories: Kids, Juniors, Amateurs, Maitres de l’orthographe , les maitres de l’orthographe écrivant le texte en entier.
Vie d’Henri IV
Henri IV souhaitait rétablir la paix dans un royaume divisé par les conflits religieux. Pour apaiser les tensions, il adopta la foi catholique. Il mit en œuvre des décisions justes, afin que chacun vive selon ses convictions. Mais cette volonté d’équilibre ne fit pas l’unanimité. ( arrêt pour les Kids)
Avant d’imposer son autorité, Henri IV dut mener de longues campagnes militaires. Son règne, bien que tourné vers la réconciliation, éveilla la méfiance de certaines factions. En 1598, il promulgua l’édit de Nantes, qui garantissait la liberté de culte aux protestants. Pourtant, les opposants demeuraient actifs, parfois même virulents. ( arrêt pour les Juniors)
Les réformes qu’Henri IV avait instaurées ont profondément modifié la vie du royaume. Les dettes qu’il avait contractées furent remboursées sans que le peuple n’en pâtît. Les infrastructures qu’il avait fait construire ont renforcé le commerce et facilité les échanges. Il avait soutenu les paysans, encouragé les artisans, relevé les villes éprouvées. Les promesses qu’il avait tenues lui valurent l’estime d’une majorité de sujets. Pourtant, les trahisons qu’il avait pressenties ne furent pas toujours évitées. Certains discours, qu’il avait tenus avec ferveur, furent détournés par ses détracteurs. Il circulait encore, libre et confiant, dans les rues animées de Paris. Ce panache, qu’il portait en étendard, n’avait jamais quitté son front. Mais déjà, François Ravaillac, animé de fanatisme, guettait sa proie dans l’ombre. ( Arrêt pour les Amateurs)
Eût-il discerné, sous l’éclat flatteur des hommages officiels, les prémices d’une trahison ourdie avec componction, Henri IV se fût peut-être retranché loin du tumulte. Les discours qu’on lui avait tenus, et qu’il avait crus sincères, s’étaient révélés aussi fallacieux que les promesses d’un ministre volage. Il s’était laissé persuader, fût-ce à regret, que le peuple, nourri de paix et de poule au pot, se contenterait d’un règne équanime. Mais les rumeurs, qu’on eût crues dissipées, s’étaient redéployées, telles des ombres vespérales rampant sous les colonnades du Louvre. Que ses gardes mêmes, qu’il s’était choisis et auxquels il s’était confié sans réserve, se fussent détournés de leur serment, le fit chanceler plus que le fer même. Il ne fallut qu’un souffle, qu’un frôlement, pour que Ravaillac, qui s’était embusqué sous la livrée d’un dévot, perçât l’échine royale d’un coup exalté. Que la grandeur d’un règne eût ainsi sombré dans un carrefour crasseux, et que la postérité, stupéfaite, en eût été réduite à murmurer, voilà ce qui demeure cruel. ( Fin pour les Maitres de l’orthographe )
Une page du carnet de correspondance d’un élève, en 1964.
Chaque mois, on y inscrivait toutes les notes obtenues et les résultats des compositions du mois. Après quoi le carnet était visé par l’administration puis par les parents.
Les tarifs de l’internat, en 1963
Article du journal Midi libre du jeudi 29 juin 1961 : Distribution des prix au lycée Henri IV.
Distribution des prix au lycée Henri IV – Jeudi 8 juillet 1965- Midi Libre
Midi Libre – juillet 1962 – Distribution des prix au lycée
Lycée Henri IV – Une classe de sixième en 1960-61
Lycée Henri IV – Une classe terminale en 1966-67
Liste des livres pour les 1ères , section Moderne, en 1965-66
Certificat remis à un élève félicité pour un trimestre
Dans chacune des classes, un élève sérieux était désigné en début d’année pour s’occuper du cahier de textes de la classe ; les professeurs devaient y inscrire, à la fin du cours, le sujet traité, les exercices donnés à faire ainsi que les énoncés des devoirs. Au début de chaque heure, l’élève responsable du cahier le présentait à l’enseignant. Cet élève déposait le cahier au bureau du censeur le mercredi soir et le samedi après les cours.
Les compositions
Nous avions régulièrement des devoirs (faits en classe ou en étude), mais le plus important a toujours été la composition, un devoir en classe, portant sur tout le travail du trimestre et donnant lieu à un classement. L’administration affichait le calendrier des compositions, par niveau ; elles s’étalaient sur deux mois, à raison d’une (parfois deux) par semaine. Cette période, renouvelée chaque trimestre, réglait notre travail ; tout élève vivait au rythme des révisions pour ses compositions, dont les résultats constitueraient l’image du trimestre écoulé.
Liste des compositions, par matière, de la 6ème à la 3ème, en section moderne : Narration – Récitation – Exercices français ( en 6ème et 5ème ) – Mathématiques – Sciences Naturelles – Histoire Géographie – Espagnol – Anglais – (langue 1 dès la 6ème, langue 2 à partir de la 4ème ) – Musique – Dessin – Gymnastique –
Liste des compositions en second cycle (2e et 1ère modernes ; terminale Mathélem) : Composition française – Espagnol – Anglais – Histoire Géographie – Mathématiques – Physique Chimie -Dessin (seulement en seconde) – Éducation Physique – Plus, en terminale : Philosophie – Sciences Naturelles –
En fin de trimestre, le conseil de classe attribuait le ʺ Tableau d’Honneur ʺ à tout élève méritant qui avait réussi ses compositions, avec une moyenne correcte et qui faisait preuve de sérieux et de bonne volonté. Celui dont les résultats se situaient environ entre 12 et 14 obtenait la récompense suivante, à savoir les ʺ Encouragements ʺ. Enfin le très bon élève décrochait les ʺ Félicitations ʺ.
Document remis aux élèves ayant obtenu les encouragements
À la fin du trimestre, tous les élèves félicités ou encouragés se retrouvaient au parloir, la plus belle salle du lycée. Le proviseur, après un discours élogieux, proclamait les noms des lauréats, pour chaque classe, des terminales aux sixièmes. Chaque élève félicité recevait fièrement un beau document attestant de sa réussite pour le trimestre.
Les prix
Après les conseils de classe de juin, l’administration établissait la liste des élèves primés. Dans chaque classe, de la sixième à la terminale, pour chaque élève et dans chaque matière, l’enseignant calculait [1] la moyenne des trois compositions de l’année (celle du troisième trimestre comptant double) et classait les élèves avec ces moyennes (du moins repérait-il les sept premiers). L’élève ayant la meilleure moyenne aurait le premier prix de la matière (un beau livre), le suivant le deuxième prix (un livre). Cinq accessits s’ajoutaient aux deux prix ; ils revenaient aux troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième meilleures moyennes dans la matière. Un accessit ne donnait pas droit à un livre, mais avoir trois accessits (quelles qu’en soient les matières) permettait à l’élève de recevoir un petit ouvrage. Tout élève ayant obtenu le tableau d’honneur aux trois trimestres décrocherait le prix d’honneur. Le meilleur de la classe se voyait attribuer le prix d’excellence (qui pouvait parfois être décerné aux deux meilleurs) ; celui classé deuxième recevrait le prix des Parents d’Élèves (qui, lui aussi, était quelquefois accordé à deux garçons). Tous ces prix correspondaient à des livres de bibliothèque, le prix d’honneur étant plus volumineux qu’un premier prix de matière, celui des parents d’Élèves et le prix d’excellence un gros livre, documentaire ou encyclopédique. La bibliothécaire avait minutieusement préparé toutes ces récompenses, triées par classe et par élève.
[1] Tous les calculs devaient se faire à la main, les machines à calculer et les ordinateurs n’existant pas encore.
La distribution des prix
Vers la fin juin, avec les examens (bac et brevet) les cours se trouvaient suspendus quelques jours, après quoi ils reprenaient, du moins en principe car, en ces derniers jours de classe, le nombre d’élèves diminuait drastiquement, dans l’attente de la distribution des prix. Cette prestigieuse manifestation, allait marquer avec faste la fin de l’année scolaire, magnifiant le travail fourni par élèves et professeurs. Dans les jours précédant la cérémonie, la grande cour prenait l’allure d’une salle de spectacle, avec, pour scène, une vaste estrade, emplie de sièges, et pour parterre, une multitude de chaises minutieusement alignées. Au jour fixé, parents, élèves et personnels se retrouvaient pour assister à la solennelle remise des prix. Sur l’estrade, prenaient place de nombreuses personnalités de la ville, le proviseur, le censeur et la plupart des professeurs. Les élèves primés s’installaient dans les premiers rangs de chaises, à peu près dans l’ordre des classes. Venaient ensuite les nombreux parents d’élèves. Au pied de l’estrade, sur plusieurs tables, des livres, alignés par classe, attendaient les heureux récompensés. Le lycée ayant près de quarante divisions, avec, pour chacune, six à huit disciplines, et deux prix par discipline, la quantité de livres à distribuer s’élevait à plusieurs centaines. Pour les élèves ayant obtenu deux prix ou plus, la pile des livres mérités avait été minutieusement ficelée, ne formant qu’un seul bloc. Plusieurs surveillants dirigés par la bibliothécaire se préparaient à assurer la distribution. La cérémonie s’ouvrait avec un discours particulier, prononcé par un professeur ou une personnalité, sur un sujet inattendu ; ce long exposé pouvait concerner la littérature ou les sciences ou l’histoire, ou tout autre sujet. Suivaient les discours de quelques invités de marque et du proviseur. Et on en arrivait à la distribution des prix, qui débutait par une longue série de prix spéciaux, concernant toutes les classes, des prix offerts par des institutions, des entreprises, des commerces, des associations… de la ville. Enfin, démarrait la distribution des prix par division. Pour chaque classe, le censeur ou un adjoint annonçait le prix d’excellence, ce qui déclenchait les applaudissements de l’assistance. L’élève concerné se levait, se rendait devant les tables de livres d’où on extrayait la pile qui lui revenait (en tant que premier de la classe, ce garçon avait forcément décroché bon nombre de prix, en plus du prix d’excellence et du prix d’honneur). Une personne, souvent un surveillant, prenait le lot et, suivi de l’élève, montait sur l’estrade ; là, il donnait les livres à une personnalité qui allait remettre officiellement ce prix d’excellence au garçon, en prenant soin d’abord de parler quelques instants avec lui puis de le féliciter. Après quoi, l’enfant ainsi récompensé, descendait de l’estrade, portant fièrement sa pile de livres, et rejoignait sa place.
Pendant tout ce temps, le maître de cérémonie avait annoncé le nom du deuxième de la classe, pour le prix des parents d’élèves ; puis les noms de tous ceux récompensés par le prix d’honneur ; après quoi il égrenait, toujours pour la classe en question, la longue liste des disciplines, donnant pour chacune le nom des deux élèves ayant premier et deuxième prix. Chaque nominé se levait pour retirer ses prix auprès de la bibliothécaire et rejoindre aussitôt sa place, car seuls les tenants du prix d’excellence et, parfois, ceux du prix des Parents d’Élèves avaient le privilège d’être conduits sur l’estrade. Puis, on passait à la classe suivante, avec des applaudissements pour le prix d’excellence …etc….etc. La cérémonie durait une bonne partie de l’après-midi, ce qui paraissait bien long aux jeunes élèves ; une fois leurs prix reçus, ils risquaient de s’impatienter, car personne ne partait avant la fin. L’année scolaire se clôturait quand les litanies de prix s’achevaient. Les pensionnaires partaient pour deux mois, fiers d’oublier la vie en internat. Mais à la mi-septembre ils retrouveraient le lycée et ses contraintes …
Cour d’honneur – 1965
Les examens
Le brevet, premier examen dans la scolarité d’un lycéen, arrivait en troisième. Puis, tout comme aujourd’hui, le baccalauréat marquait la fin de la scolarité secondaire. Les terminales quittaient le lycée quelques jours avant, afin de disposer du temps nécessaire aux révisions. L’examen comprenait un écrit, passé au lycée, et un oral pour ceux qui obtenaient plus de 10 à l’écrit. Vers 1967, cet oral se déroulait à Montpellier, où devaient donc se rendre les admissibles.
Ainsi se terminaient les sept années d’études en internat au lycée Henri IV de Béziers. Il fallait aimer le travail scolaire pour accepter sans dire mot cette vie de pensionnaire, si différente de la vie à la maison. Malgré ce, de nombreux élèves ont gardé du lycée un bon souvenir, même si une certaine lassitude pouvait, pour certains internes, apparaître en terminale… une aspiration à plus de liberté… une recherche d’autonomie… une porte ouverte sur l’enseignement supérieur.
Le grand escalier en 1965 La petite cour en 1965
Epilogue
Notre document relate la vie des internes au lycée Henri IV de Béziers dans les années 60. À la lecture de ces souvenirs, on pourrait penser que le lycée de ces années-là présentait beaucoup trop de rigidité dans son fonctionnement et de sévérité envers les pensionnaires, surtout si on compare avec les internats d’aujourd’hui. Mais à l’époque personne ne s’en plaignait. Et il est bon de signaler un important côté positif de ce système, à savoir qu’il a ouvert à de nombreux élèves l’accès à des niveaux professionnels élevés. Tout particulièrement pour les enfants de familles modestes ou en difficulté, qui purent entrer en internat grâce à l’obtention de Bourses d’État, leur permettant de suivre une scolarité normale en secondaire. Incontestablement, les lycées ont joué un rôle essentiel dans le développement de ʺ l’ascenseur social ʺ.
Notre document concerne donc les années 1960 à 67. Mais l’année suivante, en mai 68, tout va changer. Le rigoureux fonctionnement de l’internat va s’effondrer ; les règlements et la discipline s’assoupliront, filles et garçons se côtoieront en classe, les personnels seront indifféremment homme ou femme ; les internats prendront une allure plus humaine …
Un demi-siècle plus tard, l’auteur de ces lignes se retrouve parfois à Henri IV, en qualité de membre de l’association des anciens élèves. C’est avec plaisir qu’il remet les pieds dans ce lycée qui fut son école et sa maison sept années durant.
Ce lycée, avec ses majestueuses ailes dominant de leurs quatre étages la plaine biterroise, semblait une bien grande demeure pour un jeune pensionnaire habitué à sa petite maison de village. Mais, au fil des semaines, l’élève s’habituait à ces locaux où il allait passer sept ans de sa vie ; bientôt il connaîtrait presque tous les adultes chargés du fonctionnement, et tous les recoins des bâtiments, du moins ceux autorisés aux élèves. Cependant, jamais l’internat du lycée et ses personnels ne remplaceraient les parents et la douceur du foyer familial.
Le lycée de garçons demeurait un domaine masculin ; point d’élève fille et très peu de dames dans les personnels. En 1960 et 61, seulement cinq ou six dames travaillaient au lycée : la bibliothécaire, l’infirmière, deux ou trois lingères et notre professeur de musique. En 1962, arriva une jeune professeure de mathématiques, et un peu plus tard, une de sciences naturelles.
Les professeurs assuraient leur mission avec compétence et talent et nous les respections. Mais quelques-uns, fort peu nombreux, portaient une solide réputation soit de grande sévérité, soit de faiblesse permanente. On craignait les premiers, on chahutait les seconds. Les deux bénéficiaient de surnoms évocateurs donnés par les élèves et solidement transmis d’année en année. Cette règle des sobriquets s’appliquait aussi aux surveillants et surveillants généraux[1] les plus autoritaires.
[1] Les surveillants généraux étaient les ancêtres des CPE (Conseillers Principaux d’Éducation)
Comment éviter la fatigue en cours d’éducation physique
Quelques professeurs de gymnastique donnaient parfois des exercices que certains élèves non-sportifs n’appréciaient pas. Mais, ces derniers contournaient ces difficultés. En voici deux exemples :
En début d’heure, l’échauffement consistait à courir, à vitesse rapide, dans la grande cour. Après plusieurs tours, la fatigue risquait de se manifester… Mais la cour est plantée de gros platanes, alignés sur plusieurs rangées. Le professeur se tenant au coin du gymnase, ne surveillait que d’un œil les rotations de ses élèves lesquels restaient groupés. L’astuce consistait à s’arrêter exactement derrière un platane, le plus loin possible du professeur et, bien caché, d’attendre là que le groupe de coureur repasse à cet endroit ; l’élève au repos repartait alors comme une flèche, se glissant au milieu du groupe, tandis qu’un autre, derrière lui, prenait sa place. L’opération pouvait se dérouler simultanément sur les deux ou trois platanes du fond de la cour, loin du professeur. Avec ce roulement, et vu la durée des tours de cour, ce processus permettait aux garçons qui n’aimaient pas la course de prendre un moment de répit.
Le deuxième procédé, un peu semblable, se jouait dans le gymnase, durant les ʺ pompes ʺ, que les non-sportifs n’appréciaient pas car elles leur donnaient une impression d’épuisement. Le professeur dominait le plateau en donnant le ton « Un, deux ; un, deux… ». En même temps, il pouvait, par la fenêtre, regarder la cour. En le surveillant du coin de l’œil, certains élèves cessaient l’exercice lorsque le regard de l’enseignant se perdait vers l’extérieur, puis ils reprenaient l’épreuve dès qu’il tournait la tête vers la salle. La même méthode s’appliquait aussi lors des battements de jambes, en ciseau, au ras du sol, l’élève étant allongé sur le dos, avec interdiction de poser les jambes au sol ; les paresseux interrompaient l’exercice dès que le professeur portait sa vue vers l’extérieur du gymnase !
Les surveillants
Au niveau des personnels de surveillance (au dirait aujourd’hui ʺ de la Vie Scolaire ʺ) les ʺ pions ʺ (c’est ainsi qu’on nommait les surveillants) ne nous faisaient pas vraiment peur, hormis deux ou trois d’entre eux, dont un qui confondait probablement, lui aussi, internat et armée et se montrait particulièrement généreux pour distribuer punitions et retenues. Lorsqu’il surveillait un groupe, même dans les grandes classes, il n’était plus possible de dire un mot ; avec lui, le silence régnait y compris sur les rangs, en étude, au dortoir… Un autre, tout à l’opposé, se différenciait par son âge et son attitude ; bien plus âgé que tous les surveillants, il n’avait absolument aucune autorité ; tout était possible avec lui en étude (parler, se lever, jeter des papiers, etc…). Mais le surveillant général, bien au courant de la situation, pouvait venir épier l’étude, caché sur la galerie. Ce jour-là, malheur à ceux qui chahutaient… Les ʺ surgés ʺ (surveillants généraux), au nombre de quatre, assuraient discipline et rigueur, en particulier en direction des pensionnaires. On les voyait du matin au soir ; certains effectuaient des tournées dans la cour, au réfectoire, au dortoir… contrôlant le déroulement de la journée, vérifiant que chaque élève n’enfreignait pas le règlement, distribuant si nécessaire des heures de retenue (on disait ʺ heures de colle ʺ). Pour les pensionnaires, être ʺ collé ʺ représentait une vraie punition puisqu’il s’agissait d’une privation de sortie pour le samedi-dimanche.
Proviseur et censeur
Dirigeant tout ce monde, le proviseur demeurait une personne cachée, donc mystérieuse ; on ne le voyait pratiquement jamais, si ce n’est, pour les meilleurs élèves, en fin de trimestre, au parloir, à la distribution officielle des récompenses obtenues (félicitations, encouragements). Le censeur, sûrement chargé de l’organisation des cours, siégeait sur la galerie voisine du réfectoire, mais restait, lui aussi assez peu visible. On ne l’apercevait qu’occasionnellement, on n’avait jamais affaire à lui.
Les personnels de service et de santé
Dans le personnel de service, nous connaissions surtout les agents de cuisine (tous des hommes), qui nous servaient les repas et le goûter. Nous les trouvions bien gentils par rapport aux personnels de surveillance.
Côté santé, on ne voyait la doctoresse scolaire que deux fois par an ; elle assurait les visites médicales de contrôle, pour tous les élèves. Dans une étroite salle de la petite cour, nous voilà en culotte, pour être mesuré, pesé, ausculté… de façon à juger de l’état général de l’enfant ou de l’adolescent. La deuxième visite chez ce docteur concernait la cuti-réaction, imposée à tous, la tuberculose n’étant pas éradiquée. La scarification, sur le bras, se pratiquait souvent avec une vraie plume d’écolier, identique à celles que nous utilisions à l’école primaire pour écrire à l’encre violette.
L’infirmière, installée au dernier étage, s’apparentait à une gentille mère de famille, ce qui rassurait le petit pensionnaire lorsqu’il devait monter à l’infirmerie. Il s’y rendait la plupart du temps pour des petits maux mais pouvait aussi y dormir si son état n’autorisait pas une reprise immédiate des cours. En première médication, il fallait boire un grand verre de tisane chaude, d’un goût agréable. La prise de quelques médicaments de base pouvait suivre, mais si le garçon présentait une maladie particulière (et à plus forte raison si celle-ci était contagieuse) la décision de retour dans la famille s’imposait ; l’infirmière contactait les parents, ou le correspondant, qui devaient venir chercher au plus vite le pensionnaire malade.
Billet autorisant l’interne à se rendre à l’infirmerie – 1964
Les pantalons troués
La lingerie, également perchée au-dessus des logements de fonction, s’occupait en premier lieu du trousseau des pensionnaires. Serviettes de table, de toilette et draps de lit, tous marqués au nom et numéro de l’élève, déposés à la lingerie ne pouvaient être récupérés qu’à la sortie de l’internat (en général fin terminale). Entre temps, les lingères en assuraient le lavage et la distribution. Chaque lundi à midi, nous avions sur notre table, au réfectoire, nos serviettes (voilà pourquoi on ne pouvait changer de table en cours d’année). Au dortoir, toujours le lundi, nous trouvions les serviettes de toilette. Chacun prenait la sienne et la suspendait au bon endroit. De la même façon, nous changions les draps régulièrement.
Une autre mission des lingères résidait dans la réparation de vêtements (souvent les pantalons) déchirés par le pensionnaire, par exemple lors d’une malencontreuse chute sur le goudron de la cour, durant une récréation un peu trop animée ! Pour monter à la lingerie afin de faire recoudre son pantalon, il fallait être muni d’un billet laisser-passer dûment fourni par le surveillant de service. La réparation se faisait sur le champ, l’élève attendant, en culotte, dans un coin ; et si, par malheur, le genou lui aussi avait souffert lors de la chute, l’infirmerie, juste à côté, pouvait accueillir le blessé… Restait ensuite, pour l’accidenté, à expliquer à sa mère, au cours du prochain dimanche qu’il passerait chez lui, comment s’était produite une telle catastrophe, l’affaire se compliquant s’il s’agissait d’un pantalon tout neuf (avant la chute…).
Localisation de la lingerie et de l’infirmerie dans les années 1960-68